Useless Sorrow

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 La Forteresse

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Arcueid
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MessageSujet: La Forteresse   Sam 26 Juil - 17:28

-Tu es en retard, très cher... maugréa Arcueid à demi-voix en voyant l’homme sortir de la taverne avec près de deux minutes de retard par rapport à son habitude.

Depuis le toit sur lequel elle était allongée, la jeune femme voyait très nettement les traits de l’homme se dessiner dans la lumière que projetait la taverne dans la nuit sans lune de la rue. Elle voyait également très bien la veste de cuir souple et la chemise de lin assortie que l’homme portait, ainsi que son pantalon en toile de bonne facture et les hautes bottes qui devaient coûter une petite fortune. Son ouïe affinée capta le cliquetis métalliques signifiant que sa cible portait une côte de mailles en dessous de sa chemise. Mailles uniques. Bon à savoir...

Depuis les ténèbres du toit, Arcueid observa Seta Hermman se mettre en marche d’un pas sur, son épée battant à sa hanche. Conformément aux observations d’Arcueid, il se dirigea droit sur la forteresse. La jeune femme attendit, immobile, que l’homme eu tourné à l’angle de la rue, et se releva rapidement. Silencieuse comme la nuit, elle passa sur le toit voisin, avant de sauter sur le toit de la bâtisse faisant l’angle. Hermman marchait rapidement, mais son équipement faisait tant de bruit que même un aveugle pourrait le suivre, jugea Arcueid. Tant mieux. Ils marchèrent ainsi pendant une dizaine de minutes, comme l’avaient relevées les précédentes analyses de la mercenaire, avant de parvenir devant les remparts de la forteresse. La haute muraille semblait contempler Arcueid avec un mépris à peine dissimulé.

-Tu peux le prendre sur ce ton, lâcha celle-ci, toujours à mi-voix, ce n’est pas cela que me stoppera...

Hermman s’engagea sur le pont-levis, encore abaissé pour quelques minutes seulement. Dès qu’ils virent son visage, les deux gardes en poste de part et d’autres de la herse actuellement remontée lui laissèrent le passage avec un salut militaire. A moment où sa cible dépassait les deux gardes, Arcueid souffla.

L’aiguille extrêmement fine contenue dans sa sarbacane ne siffla même pas dans l’air lorsqu’elle vint de ficher entièrement dans la chair du bras du soldat de droite. A la lumière des braseros épuisés de la herse, Arcueid le vit se donner une tape sur le bras, comme pour écraser un moustique, avant de s’adosser soudainement au mur en se passant la main sur le visage. Le somnifère qu’elle avait confectionné faisait déjà son œuvre, comme elle l’avait espéré. La seconde d’après, le garde s’écroulait, sa hallebarde tintant fortement en frappant la pierre du sol. Son camarade se tourna vers lui, surpris, et s’approcha de lui lorsqu’il ne répondit pas à son appel. Ce fut le moment que choisit Arcueid pour vérifier une derrière fois que personne ne croisait dans la rue, sauter du toit, et fuser aussi vite que silencieusement sur le bois du pont-levis. Ses bottes aux semelles souples ne firent pas un son susceptible de se démarquer de l’environnement sonore de la nuit, et la jeune femme passa sans un souffle derrière le garde penché sur son camarade endormi.

Infiltration réussie, songea Arcueid. Comme sur des roulettes, au moins jusque là.

Le cliquetis métallique de l’équipement d’Hermman lui provint de sa gauche, où sa botte disparu à l’angle d’une arche de pierre. Toujours silencieuse, Arcueid le suivit. Ils marchèrent à nouveau pendant plusieurs minutes, Arcueid talonnant sa cible d’une dizaine de mètres, passant de zone d’ombre en zone d’ombre. Puis le premier obstacle survint : un, deux, trois, quatre. Une patrouille de quatre gardes surgirent d’une ruelle proche et tournèrent dans leur direction, saluant Hermman en le croisant. Le soldat de tête portait une torche, et le recoin obscur où se tenait Arcueid, au pied d’une arche, ne résisterait pas à sa lumière, c’était une certitude. Réagir, vite. La mercenaire se propulsa sur ses jambes vers le haut, agrippant de justesse l’une des hautes poutres qui soutenaient l’arche, et se souleva prestement à la force des bras. En un instant, elle s’accroupi en souplesse sur le haut de l’arche, retenant son souffle lorsque la patrouille passa en-dessous d’elle. Bien. Inutile de chercher l’affrontement inutilement, surtout si cela risquait de déclencher ne serait-ce qu’un semblant d’alerte.

Sitôt la patrouille quelques mètres derrière elle, la mercenaire se laissa retomber au sol sans un bruit, et rattrapa rapidement Hermman alors que celui-ci pénétrait enfin à l’intérieur des murs à proprement parlé. Le long couloir sans porte, donnant directement sur l’extérieur, dans lequel sa cible s’était engouffré, fit hausser un sourcil à Arcueid. Visiblement, la réputation de cette forteresse quant à son architecture pour le moins archaïque était justifiée... Cela dit, en avançant un peu, l’assassin repéra dans les murs un nombre impressionnant de fentes et meurtrières diverses, de dalles infimement différentes des autres (pièges, à n’en pas douter) et d’autres signes assurant un accueil mortel pour toute tentative d’assaut ennemi inconsidéré.

C’était maintenant que le contrat devenait délicat. Les civils n’étant pas admis dans la forteresse, sous aucun prétextes, et les gardes s’étants révélés aussi impossibles à corrompre les uns que les autres, Arcueid n’avait pas pu effectuer la moindre reconnaissance à l’intérieur des murailles, et prendre le risque de s’infiltrer prématurément était hors de question. Elle avait donc passé près d’une semaine a rechercher et interroger toute personnes ayant déjà pénétré les murailles, mais n’avait rien pu obtenir de très précis. Et pourtant, elle savait être très persuasive...

De fait, ce couloir marquait la fin de ses derniers renseignements fiables. Pour le reste, elle devrait se fier aux informations que lui avait fourni son employeur, une semaine auparavant. C’est à dire peu de choses. Sa principale source d’information potentielle (la seule) marchait à quelques mètres devant elle, et n’était autre autre que la cible de l’un des deux contrats, et la seule personne qui puisse lui dire où trouver la cible de son deuxième engagement... En règle général, elle avait pour principe de ne jamais prendre plus d’un contrat à la fois, mais les deux nobles avaient proposé d’emblée la somme qu’elle demandait pour les contrats les plus difficiles. Comment refuser face à un tel salaire ? Cela dit, si elle avait su à l’avance quelles prouesses d’infiltration elle allait devoir déployer, elle aurait probablement refusé le deuxième contrat. Ça relevait du quasi-impossible, et le nombre de facteurs inconnus était tout bonnement intolérable. Mais bon, se consola une nouvelle fois Arcueid en son for intérieur, avec cette somme d’argent en bourse, j’aurais la paix pour un moment. Si toutefois j’arrive à mener à bien ces deux contrats...

Hermman arriva à une intersection, et tourna dans le couloir de gauche sans une hésitation. Arcueid retint un soupir de soulagement : le couloir dans lequel ils s’étaient trouvé juse là était bien éclairé et ses seules cachettes, si Hermman s’était brusquement retourné, auraient été les poutre de bois sombre qui n’auraient pu la cacher à une observation un peu attentive. Ce n’est pas gagné, songea-t-elle avant de jeter un coup l'oeil sur la gauche.

Le couloir laissait la place à une salle relativement spacieuse, dont les murs étaient soint occupés par diverses statues, soit percés de tous côtés par les ouvertures d’autres couloirs partants dans toutes les directions. La voûte de la pièce, plongée dans une semi-obscurité à peine troublée par les quelques faibles braseros disposés au pied des statues, était soutenue par deux colonnes de pierre.

Spoiler:
 

-Seigneur Hermman, saluèrent les deux soldats de la patrouille, lorsque leur maître arriva à l’entrée du couloir opposé et les croisa.

Celui-ci s’arrêta pour leur parler. Arcueid profita du fait qu’ils durent pivoter pour lui faire face et se glissa sans un bruit derrière l’une des colonnes, prenant garde à rester hors des champs de vue des trois hommes.

-Faites doubler les rondes, dit Hermman d’une voix forte et rocailleuse. Il y a des risques qu’un intru dangereux tente de s’introduire dans la forteresse à partir de cette nuit.
-A vos ordres, Seigneur, confirmèrent les gardes.

Hermman reprit alors sa marche, et les deux soldats firent à nouveau volte-face pour poursuivre leur ronde. Droit vers Arcueid. Elle avait cependant prévu le coup et, d’un geste vif, lança vers l’un des couloirs opposés un petit carré de fer, qui alla tinter fortement sur les dalles de marbre sombre. Un... Deux... Les soldats, intrigués par le bruit métallique, avancèrent vers l’origine du son. Trois... Quatre... L’un des deux gardes se pencha pour ramasser le cube gros comme une noisette. Cinq. Le leurre éclata de l’intérieur, vaporisant fortement son contenu. Le gaz somnifère, également conçu par Arcueid, fit aussitôt sombrer les gardes dans le sommeil, et ils s’affalèrent au sol sans la moindre résistance. La jeune femme, elle, avait déjà quitté la pièce.

Intérieurement, Arcueid fulminait. Un intru dangereux ? Impossible qu’Hermman sache qu’elle était sur sa trace, la seule personne vivante ayant connaissance de sa mission était son employeur, et il n’était pas dans son intérêt de divulguer l’affaire, surtout après avoir payé la moitié de ses honoraires d’avance à la mercenaire. Une fuite étant peu probable, pour ne pas dire techniquement impossible, la seule option plausible serait qu’elle n’était pas la seule sur le coup. L’un de ses deux employeurs aurait-il craint son échec et préféré assurer la réussite de la mission en faisant appel à un deuxième tueur à gage ? Possible, bien que cela augmente finalement le risque d’échec, puisqu’Hermman était au courant...

S’arrachant à ses méditation, mais se jurant intérieurement de faire payer un supplément à ses employeurs et d’écorcher vif son “collègue” qui s’était fait repérer, Arcueid monta une série de marches à la suite d’Hermman, et se jeta littéralement de côté dans un couloir latéral lorsque celui-ci se retourna brusquement, les sourcils froncés et le regard suspicieux. L’endroit était éclairé de la même façon que la pièce qu’ils avaient quitté quelques minutes auparavant, de façon tamisée qui laissait la place à une demi-pénombre. En quelques secondes, Arcueid fit pousser ses cheveux noirs jusqu’à ce qu’ils lui arrivent à la taille, et les laissa tomber devant son visage. Dans la pénombre, même en passant la tête à l’angle du mur, elle devait être invisible aux yeux d’Hermman, qui finit par se retourner et repartir, sans quitter son air méfiant.

Arcueid soupira intérieurement. Ce n’était pas passé loin, cette fois. Elle se remit en marche également, se morigénant quant à sa concentration, ses longs cheveux flottants autour d’elle. Ils marchèrent encore pendant une dizaine de minutes, rencontrant régulièrement des patrouilles qui ne posèrent ceci dit guère de problème à Arcueid dans l’ensemble. Les éclairages tamisés, qui étaient visiblement l’éclairage standard de la forteresse, ainsi que les couloirs qui se croisaient tous de partout et dont le marbre répercutait le moindre bruit, tout cela lui facilitait beaucoup la tâche, à vrai dire.

Après avoir grimpé un certain nombre d’escaliers, la mercenaire et sa cible parvinrent enfin à un étage dont l’éclairage se faisait maintenant avec des boules de verres, qui diffusaient une douce lumière bleue à peine plus vive que les braseros mais plus reposante. Le couloir était long, mais les yeux perçants d’Arcueid virent qu’il se finissait en cul-de-sac, donnant sur une porte plus massive que les autres et gardée par deux soldats en armure complète et armés d’épées courtes et de boucliers. Des casques intégraux avec visière fine et horizontale cachaient leur visage. Pas d’autre porte, pas d’autre couloir. Ils étaient donc enfin arrivés aux appartements d’Hermman.

Arcueid se cala sur les dernières marches de l’escalier de marbre sombre, et observa un moment les deux soldats lorsqu’ils saluèrent Hermman. rien qu’à leur posture, elle devina qu’il s’agissait de soldats d’élites. Probablement la garde personnelle du Seigneur Hermman. Autant éviter l’affrontement direct tant qu’elle ne connaissait par leur niveau. Non pas qu’elle se pensait inférieur, de simples soldats, aussi peu nombreux, n’avaient probablement aucune chance de l’arrêter si elle les attaquait de suite. Mais il y avait toujours un risque de déclencher une alerte, et elle s’en voudrait à mort si cela arrivait. Sa main droite plongea donc dans l’étuis accroché à sa cuisse droite, et en sortit deux shuriken. Armant son bras, Arcueid visa soigneusement et lança. Les deux étoiles sifflèrent légèrement dans l’air, et atteignirent leur cible en un instant. Le premier se ficha dans la fente de la visière, et l’homme s’écroula instantanément sans un bruit, mais le deuxième projectiles frappa le métal du casque à deux centimètres du but. Le garde se mit aussitôt en position de combat, bouclier en avant, ne laissant dépasser qu’un œil pour observer le couloir. Sa capacité d’adaptation impressionna Arcueid, lorsqu’il avança dans sa direction sans même s’inquiéter pour son camarade, qu’il savait donc mort. La mercenaire s’étonna un instant qu’il ne cherche pas à appeler du renfort où à sonner l’alerte, puis elle remarqua que c’était le soldat mort qui avait la trompe, pendue à sa ceinture et à moitié bloquée sous son cadavre.

-Pas de chance, n’est-ce pas ? Siffla Arcueid avec un demi-sourire en fusant en avant, dégainant deux dagues qui reflétèrent un instant la lumière bleue des sphères.

Dès qu’il la vit foncer sur lui, semblant glisser sur le sol sans un bruit, ses longes cheveux formant comme une traîne derrière elle, le soldat se mit aussitôt en garde sans un mot, et arma un coup d’épée qui partit de haut en bas, destiné à la coupe en deux dans le sens de la hauteur. Malgré le poids probablement énorme de l’armure, le coup fut rapide, et manqua surprendre Arcueid, qui esquiva tout de même sans problème. Utilisant son élan, la jeune femme bondit dans les airs, décrivant de ses dagues de larges cercles. L’acier des lames mordit le métal du haubert de mailles protégeant les interstices de l’armure sans le percer, arrachant un juron à la mercenaire qui fit un bond en arrière pour éviter la riposte de l’épée.

-Puisque c’est ainsi...

Exécutant un nouveau saut, elle esquiva un coup de taille et arriva sur les épaules du gardes. Elle ne fut pas surprise qu’il ne ploie pas, considérant qu’elle devait à peine peser la moitié du poids de l’armure. Profitant de sa position momentanée et de la surprise du garde face à une telle manœuvre, elle agrippa le casque et l’ôta de la tête du soldat avant de sauter pour éviter de se faire trancher les jambes lorsqu’il se reprit. elle se réceptionna en souplesse sur le sol et lança un sourire narquois à l’homme qui la dévisageait d’un regard noir, son visage maintenant à découvert. Un claquement retentit alors derrière lui, le faisant se retourner brusquement, prit par surprise. Le temps qu’il constate qu’il n’y avait rien ni personne dans le couloir, et qu’il se remette en garde, Arcueid était sur lui et le dépassa d’un ample mouvement circulaire de ses deux lames, se réceptionnant au sol sur un genoux, son sourire narquois toujours sur ses lèvres. Le sang éclaboussa les murs, alors que le soldat tombait au sol, le visage tailladé en quatre et les deux yeux crevés jusqu’au cerveau.

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Dernière édition par Arcueid le Sam 26 Juil - 18:25, édité 1 fois
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Arcueid
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MessageSujet: Re: La Forteresse   Sam 26 Juil - 18:16

[message trop long, double-post obligatoir, désolée ^^']

-Voilà une bonne chose de faite, lâcha Arcueid en se relevant et en essuyant ses dagues dans le creux de son coude.

Marchant vers la porte, elle ramassa au passage le petit cube de métal qu’elle avait lança quelques actions auparavant. Le sortillège qu’elle avait lança dessus avait beau être très simple et son action très limitée (émettre un claquement quelques secondes après son activation), son efficacité lors de duels et la facilité de son utilisation restaient exemplaires. Et Arcueid adorait quand ses créations fonctionnaient.

Collant son oreille à la porte de bois massif, elle n’entendit rien. Changeant de tactique, elle cola une main à la porte, et l’autre au sol. bingo. en se concentrant à fond sur son sens tactile, elle pouvait sentir les pas d’Hermman se répercuter dans le marbre du sol. Au rythme continu des vibrations, elle en déduit qu’il n’était pas loin de la porte, et surtout qu’il faisait les cents pas. Il devait être sur les nerfs à cause de cette histoire d’intrusion. Et il avait raison.

Arcueid tourna la poignée aussi doucement qu’elle le put, mais c’était une précaution inutile, tout étant bien graissé et ne grinçant pas. Elle n’entrouvrit la porte qu’après une minute d’attente, et remonta la poignée tout doucement dès que les gonds eurent tourné de quelques degrés. A présent que la porte était entrouverte, Arcueid entendait nettement les bruits de pas d’Hermman, à quelques mètres sur la gauche. La mercenaire osa passer la main à travers l’ouverture de la porte. Faisant bouger le petit miroir qu’elle y tenait, elle prit connaissance de l’intérieur de la pièce : des murs de pierre grise, des colonnes de la même roche, et des paravents de bois sombre qui séparaient les appartements en plusieurs parties. Original, songea Arcueid. L’éclairage était le même que dans le couloir, avec des sphères peut-être un peu plus grosses sans être plus lumineuses. Ils ont décidé de mâcher le travail des assassins, ma parole, s’étonna la tueuse en son for intérieur.

Aucune trace d’Hermman dans l’entrée. Il devait être derrière l’un des paravents de gauche. Avec toutes les précautions, dague à la main, elle ouvrit un peu plus la porte et se faufila à l’intérieur avant de refermer derrière elle. Laisser la porte ouverte est une erreur qu’elle laissait depuis longtemps aux amateurs. La jeune femme haussa un sourcil en voyant que le Seigneur de la forteresse avait déposé son épée sur une colonne, dans l’entrée. Tout bien pesé, elle n’aurait pas besoin de supplément pour l’imprévu, ce job s’était jusqu’ici révélé bien moins difficile qu’elle s’y était attendu et ne méritait même pas le paiements pour les plus gros contrats que lui avait proposé son premier employeur. Pour le deuxième, c’était encore à voir...

Glissant l’épée courte d’Hermman dans sa ceinture sans prendre la peine d’y accrocher le fourreau, elle dégaina sa deuxième dague et s’approcha du paravent d’où provenaient les bruits de pas d’Hermman. Elle était tellement proche qu’elle pouvait presque entendre ses battements de cœur. A défaut, elle reconnaissait déjà sa respiration profonde et rocailleuse, que son ouïe extrêmement fine avait analysé pendant près d’une semaine. Elle l’entendait également ruminer des paroles inintelligibles. Confirmation, il était bel et bien sur les nerfs. Calant l’une de ses dagues entre ses dents pour se libérer une main, elle s’agrippa à une colonne en contact avec le paravent et, en s’aidant de ses jambes, elle se hissa lentement, silencieusement, jusqu’à arriver au-dessus du panneau de bois, dans l’obscurité de la voûte. Seta Hermman était là, juste en-dessous d’elle, marmonnant dans sa barbe, les bras croisés, regardant vers le bas en ruminant. tellement simple, pensa Arcueid, il fait trop de cas de ses deux gardes, excès de confiance. Dommage pour toi, très cher.

Se souvenant qu’elle ne devait pas le tuer trop vite, elle rengaina l’une de ses deux dagues pour n’en garder qu’une, et sauta sur Hermman, lui atterrissant sur le dos et lui coupant le souffle. Sa main libre se referma avec fermeté sur sa gorge, tandis que sa dague écartait sans difficulté les anneaux de sa côte de mailles pour sectionner avec une précision toute scientifique la colonne vertébrale au niveau du bas du dos. Les jambes de l’homme cessèrent aussitôt de bouger. La trachée compressée par la main droite d’Arcueid, Hermman ne put même pas lâcher le cri de douleur qui aurait exprimé sa souffrance. La mercenaire dégagea sa lame et la plaqua sur la joue du Seigneur, murmurant à son oreille :

-Un seul geste déplacé, Seta Hermman, et je repeints les murs en rouge avec ton sang. Soit sur que ça me contrarierait autant que toi, j’aurais un petit service à te demander. Et ceux qui me contrarient le paient au centuple. Me suis-je bien fait comprendre ? Répond par oui ou non, sans plus de décibel que nécessaire.

Elle relâcha légèrement la pression sur la gorge de l’homme, qui lutta aussitôt contre lui-même pour ne pas hurler sa douleur. Dégoulinant déjà de sueur, il lâcha un “oui” qui n’était guère plus qu’un souffle.

-je veux savoir où est Claüs Burnar.
-Sa libération est prévue pour demain, répondit laborieusement Hermman. Pourquoi diable prendre tant de risques pour le libérer cette nuit ?
-C’est moi qui pose les question, Hermman, répliqua Arcueid en traçant une ligne sanglante sur la joue du Seigneur, qui retint un nouveau hoquet de douleur.
-La cour, répondit-il enfin, en soufflant comme un bœuf. La cour, celle que vous pouvez voir par la fenêtre. Elle donne sur les catacombes. Burnar est dans la cellule du fond, la seule occupée. La clef est dans la caserne des gardes. Je suis le seul qui ai le droit d’entrer dans les catacombes, vous n’avez aucune chance d’avoir cette clef.
-Merci, lâcha Arcueid.

D’un mouvement du poignet, elle enfonça sa dague dans la gorge du Seigneur de la forteresse, faisant jaillir une fontaine vermeille. Son sourire, le sourire de celui qui pense avoir résisté une dernière fois avant de mourir, devint un rictus alors qu’il s’étouffait dans sons propre sang, puis s’évanouit totalement lorsque son âme quitta son corps. Arcueid prit dans une pochette à sa ceinture une plume blanche, prise sur une colombe, et la trempa dans la mare de sang qui s’étalait à ses pieds, imbibant le blanc de rouge. Un contrat rempli. Au deuxième.

Prenant cette fois le temps d’accrocher correctement l’épée d’Hermman à sa ceinture, et elle la tira du fourreau et l’observa sous tous les angles, la pesa, exécuta quelques mouvements. c’était une très bonne lame, bien équilibrée, fonctionnelle, sans fioritures, faite pour servir. Mais je préfère quand même Razielle, songea Arcueid avec un sourire en coin. Le poids familier de sa lame à sa hanche lui manquait quelque peu, et elle regretta un instant de ne pas l’avoir emporté, la jugeant trop encombrante pour une mission d’infiltration si délicate.

Ouvrant la fenêtre que lui avait indiqué Hermman, Arcueid plissa les yeux pour apercevoir la cour, en contrebas, malgré l’absence totale de lune. Elle la trouva rapidement, plusieurs dizaines de mètres plus bas, éclairée par les braseros caractéristiques de la forteresse. C’était une petite cour intérieur, entourée de couloirs à demi-ouverts, parsemée d’arbres.

Si je dois trouver mon chemin parmis les innombrables couloirs de la forteresse pour redescendre jusque là-bas, pensa Arcueid, je ne m’en sortirais jamais... Pas le choix, je vais donc devoir tenter la manœuvre...

D’un coup de hanche, elle sauta sur l’encadrement de la fenêtre et regarda vers le bas. Le vent nocturne vint doucement lui lécher le visage, faisant voleter ses cheveux autour de ses épaules. Fermant les yeux, elle inspira profondément et fit apparaître ses ailes noires, cette partie de son corps qu’elle n’avait découvert que récemment. Inspirant une nouvelle fois à fond, elle y alla d’un “quand il faut y aller...” et lâcha le cadre de la fenêtre en se laissant tomber en avant. La brise nocturne se transforma aussitôt en un vent furieux tandis qu’elle chutait à la verticale. Luttant pour ne pas perdre son sang-froid en voyant les braseros de la cour se rapprocher à toute vitesse, elle se força à pousser sur ses ailes. Elle sentit la pression lorsqu’elle battit des ailes à plusieurs reprise, luttant pour conserver un équilibre de vol qui lui était tout sauf naturel. Le vol était une expérience trop neuve pour qu’elle ai pu prendre quelque habitude que ce soit. Le plus dur pour elle était d’agiter ses ailes de façon parfaitement symétrique, sans quoi elle basculait invariablement d’un côté. Sa concentration au maximum, elle parvint à freiner sa chute, puis à s’immobiliser en vol plus ou moins stationnaire, penchant occasionnellement de droite ou de gauche et se corrigeant au fur et à mesure. Sa seule certitude en ce qui concernait le vol était qu’elle devrait s’entraîner un bon moment, un de ces jours, pour prendre un peu la main...

Battre des ailes en continu tout en bougeant normalement le reste de son corps relevait également d’un bel effort de volonté, car gérer les deux types de mouvements en même temps était très difficile. Ainsi, elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle parvint à perdre suffisamment d’altitude pour cesser tout mouvement ailé et se laisser tomber sur les tuiles du toit de l’un des couloirs entourants la cour. Utilisant ses ailes comme un semblant de parachute, elle amortit suffisamment son saut pour ne pas briser de tuile et occasionner un bruit qui alerterai tout garde dans un rayon de cinquante mètres.

Elle se baissa dès qu’elle fut stabilisée sur le toit légèrement en pente, et observa attentivement la cour. Carrée, faiblement éclairée, le sol en pelouse, parcourue d’arbres et de buissons, avec un chemin de ronde qui courrait au milieu. Et un garde, sur le chemin de ronde, qui regardait dans sa direction avec des yeux écarquillés. Et zut ! se retint de crier Arcueid. L’avait-il vu atterrir ? Probable. Quoique... Se collant aux tuiles, barrant son visage de ses cheveux noirs, la jeune femme analysa attentivement l’expression du soldat : sceptique. Tenant sa lance avec fermeté, scrutant le toit où elle se trouvait en plissant maintenant les yeux, il avança lentement dans sa direction. Visiblement, l’obscurité l’avait empêché de voir clairement Arcueid, et il devait juste avoir perçu un mouvement. Réagissant plus ou moins instinctivement, Arcueid se mit en position assise et s’enveloppa de ses ailes noires comme la nuit, écartant simplement quelques plumes pour y voir d’un œil. Le garde s’était arrêté au plus près possible et scrutait attentivement le toit de tuiles. Il poursuivit sa surveillance pendant une, deux minutes, pendant lesquelles Arcueid se contenta de ne pas bouger, agréablement camouflée par ses ailes toute neuves. Avec la nuit sans lune dans son dos, le garde ne pouvait certainement pas la voir. De fait, il finit par reprendre sa ronde, jetant toutefois de temps à autre des regards méfiants vers le toit de tuiles. Arcueid, elle, était déjà sur un autre toit adjacent, toujours entourée de ses ailes.
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Arcueid
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MessageSujet: Re: La Forteresse   Mer 30 Juil - 1:36

Arrivée au niveau de la porte indiquée par Hermman, Arcueid se laissa souplement tomber du toit de tuiles. Le premier des deux gardes postés devant la porte grillagée et chaînée reçu un couteau dans la gorge avant même qu'elle touche le sol. Le deuxième soldat, lui, se vit enfoncer une longue aiguille dans l'oeil avant d'avant pu ne serait-ce que ce rendre compte de la mort de son camarade. Les deux corps s'écroulèrent en silence. Comme toujours.

Récupérant son couteau de lancé, Arcueid jeta des regards aux alentours, mais elle ne ressentait ni ne percevait la moindre présence parmi la végétation de la cour. Par précaution, elle tira les deux cadavres dans les buissons les plus proches, et revint vers la porte. De lourdes chaînes en empêchaient l'ouverture, toutes reliées à un lourd cadenas très épais. Probablement celui dont la clé se trouvait dans la caserne des gardes. Inutile pour Arcueid. Elle ne serait pas assassin professionnelle si un simple verrou pouvait l'arrêter. Manquerait plus que ça, nan mais sans blague. Tirant à nouveau de son col sa longue aiguille, elle en sortit une deuxième du cuir de sa botte droite, plus fine, qu'elle courba avec attention.

Introduisant les deux tiges métalliques dans le cadenas, elle laisse agir son savoir-faire. Celui-ci lui avait coûté plusieurs années de vie, alors heureusement qu'il était complet et efficace ! Quelques secondes plus tard, le cadenas sauta, et les chaînes tombèrent comme des pierres, quoique faisant BEAUCOUP plus de bruit. Pestant intérieurement, Arcueid se hâta de les ramasser pour les jeter à leur tour dans un buissons proche. C'est fou comme ces végétaux dissimulaient bien leur contenu... Espérant que la moitié n'ai pas été alerté par le tonnerre des chaînes, la jeune femme ouvrit la porte et la referma derrière elle.

Elle fut aussitôt assaillie par une très forte odeur de renfermé, une odeur de sous-sol, de crypte même. Devant elle, un long, TRES long escalier descendait en ligne droite, éclairé par des sphères bleues. En bas, loin en bas, son ouïe captait des échos lointains d'une discussion. Estiment inutile de s'attarder en haut des marches, elle commença à les descendre, ne perdant pas de vue le bout de l'escalier, plusieurs dizaines de mètres plus bas, qui faisait un angle sur la droite. La main droite posé sur ses couteaux de lancés, elle descendit marche sur marche, lentement, calmement, prête à les lancer sur quiconque monterait les escaliers. Bien qu'elle douta de pourvoir atteindre qui que ce soit à une telle distance...

Fort heureusement, personne ne monta. Elle entendait de plus en plus distinctement les échos de conversation. Trois personnes, probablement des gardes. Finalement, arrivée en bas des marches, elle se trouva dans une vaste salle éclairée de torches. Des ouvertures, loins au-dessus de sa tête, laissait passer la lumière de la lune. Un égout coulait dans une ouverture du sol. Des cellules miteuses masquaient les murs.

Spoiler:
 

Soudain, provenant d'une porte, au fond à droite, Arcueid perçue la voix de l'un des gardes :

-Va donc nous chercher quelque chose à boire, là-haut, tu veux ?
-Ouais, ouais...

Trop facile. Arcueid n'eut qu'à attendre que le garde dévoué passe l'angle de l'escalier pour le cueillir au menton de sa dague, qui transperça langue, palais et cerveau sans distinction avant de ressortir par le sommet du crâne. La jeune femme ôta sa lame juste avant que l'homme s'effondre dans un grand bruit d'armure, son plastron congnant contre les marches.

-Miguel, ça va ? Lança l'un des gardes.

Trouver un truc, vite ! Modifiant rapidement la configuration de ses cordes vocales, elle répondit dans une imitation acceptable de la voix du cadavre :

-Ca va, j'ai juste glissé.

Et de se remettre en position au cas où l'un de ces ploucs viendrait quand même. Mais non, ils reprirent leur discussion. Arcueid se glissa donc jusqu'à la porte (une simple ouverture puisque sans battant), analysant du coin de l'oeil chacune des cellules. Arrivée là, elle écouta (ou plutôt entendit sans vraiment y faire attention) la discussion en cours que se tenaient les deux cadavres en sursis, de chaque côté de la porte, à à peine deux mètres d'elle:

-Y'en a même qui disent qu'il existe plusieurs Satsugai... Ou qu'il a des frères. les histoires varient un peu, on sait jamais avec ce genre de gens.
-Ouais j'ai entendu des histoires, comme quoi il serait lié au chef de la très ancienne armée... euh... "Asuka".
-Qu'est ce qu'on peut pas raconter comme conneries ! Moi on m'a baffouillé des histoires comme quoi il aurait un frère Ange. Et qu'il fréquenterait des nécromanciens
-Faut leur pardonner, les mythes ça monte a la tête et on se retrouve vite avec des conneries du genre sur le dos hein.

{extrait de la fiche d'Agony en cours d'écriture}

Un violent tremblement secoua alors les murs de la prison, pourtant profonde.

-Bordel, qu'est-ce que c'est ? Un seïsme ? Lâcha un des gardes.

Peu importe ce que c'était, songea Arcueid, il ne faisait plus bon traîner dans le coin. En finir vite était de plus en plus préférable. Bondissant sèchement entre les deux gardes, elle trancha la gorge du premier (peu original, mais éternellement efficace). Le deuxième eu tout juste le temps de laisser échapper une exclamation de surprise avant qu'Arcueid l'attrape à la gorge de sa main libre, et lui enfonce la pomme d'Adam dans la trachée d'une grosse pression du pouce. Luttant pour respirer (il pouvait toujours essayé), l'homme s'affala en même temps que son partenaire, dans la mare de sang qui coulait de la gorge de ce dernier. Un deuxième choc fit tomber un peu de poussière du plafond, autant que des gouttes d'humidité suintante à certains endroits.

Sans perdre de temps, elle se dirigea vers la cellule la plus remarquable de la pièce, une plaque imposante de bois et d'acier fermée par de nombreux verrous et cadenas. Visiblement occupée. Elle ne risquait pas trop de se tromper puisque, selon Hermman, il n'y avait qu'une cellule occupée, et c'était celle de Burnar. Sait-on jamais, elle s'approcha de la cellule et demanda à travers la fente servant à passer les repas:

-Êtes-vous Claüs Burnar ?
-Non... lui répondit une voix rauque, à l'intérieur. La vois de quelqu'un qui n'a pas parlé depuis un certain temps. Arcueid perçue dans cette voix une tension certaine et... quelque chose comme de l'envie. Il émanait de cette cellule, son sixième sens le sentait clairement, des pulsions meurtrières assez impressionnantes. Mais chose certaine, ce n'était pas Claüs Burnar, puisque celui-ci était précisément un innocent et non un meurtrier (ce pourquoi il allait être relâché). Qu'espérait Hermman en lui donnant de faux renseignements ? Qu'elle ouvre la porte de cette cellule spéciale et que le prisonnier qu'elle détenait lui saute à la gorge ? Quelle idée saugrenue !

-Je suis ici... répondit enfin une voix beaucoup plus claire, quelques mètres plus loin. Laissant la cellule spéciale dans son état, la jeune femme se dirigea vers le fond de la pièce. Une autre cellule, normale celle-là, détenait un homme habillé plus correctement qu'un prisonnier normal, visiblement bien portant. Sa barbe grisonnante était taillée, à la va-vite mais taillée tout de même, et il n'était pas enchaîné. Visiblement un prisonnier en passe d'être libéré le lendemain, comme c'était bel et bien le cas.

-Je suis Claüs Burnar, confirma celui-ci, au cas où son interlocutrice aurait été trop stupide pour comprendre seule. Mais pourquoi avoir prit tous ces risques pour me libérer alors qu'on me laisse partir demain ?

Le libérer ? Le con, laissa mentalement échapper Arcueid. Gardant toutefois le silence (au moins, iil se laisserait approcher sans poser problème), la tueuse forca encore une fois le cadenas qui maintenant la grille fermée et entra dans la cellule. Ce ne fut qu'une fois Burnar bien debout devant elle qu'elle lâcha :

-Vous allez sortir demain, et ce n'est précisément pas ce que souhaite mon employeur... Adieu.

Et de lui plonger sans cérémonie la dague dans le coeur, sans aucune résistance, sans même le moindre réflexe de la part de la victime qui tomba raide morte dans l'instant, avec un simple hoquet. trop facile... Et tant d'argent juste pour ça... Bon, il est vrai que ça avait nécessité pas mal de préparation, et qu'il y avait eu pas mal de passage délicats pendant l'exécution des contrats... oui, tout bien pesé, ça valait bien son pesant d'or, comme travail. Mais elle referait pas ça tout les jours, c'était sur.

Un nouveau tremblement secoua les murs. Ce n'est pas l'heure de traîner, se morigéna Arcueid. La jeune femme fonça alors vers les escaliers, ne s'arrêtant qu'aux angles pour vérifier d'un coup d'oeil si la voie était libre, et s'engouffra dans les marches, enjambant le cadavre du garde sans y prêter attention.
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